• FICHE PAYS : LA NOUVELLE-CALEDONIE

     

    Capitale: Nouméa

    Langue officielle: le français (et 28 dialectes kanaks)

    Monnaie: Le franc pacifique

    Drapeau:

    Drapeau français

            

     

                   Le drapeau français : 3 bandes verticales nées de la réunion en 1794 des couleurs du roi (blanc) et des couleurs de Paris (bleu et rouge). On le considère également comme la réunion de couleurs historiquement fortes : le bleu de Saint Martin, le blanc de Jeanne-d’Arc et des Bourbons et le rouge de Charlemagne et Saint-Denis. C’est le drapeau officiel de la Nouvelle-Calédonie en tant que pays d’outre-mer.

     

     

     

    Drapeau kanak

     

    Le drapeau kanak : 3 bandes horizontales, verte à l’image de la nature luxuriante (3/4 des terres  sont occupées par la forêt), rouge pour le sang de ce peuple fier et bleu pour l’horizon où s’unissent ciel et mer. Au centre figure un soleil transpercé de la flèche faîtière (symbole de la culture et de l’organisation sociale kanak en clan).

     

     

     

     

    Communautés :

                Les mélanésiens 44 %, appelés aussi les « kanaks ». Signifiant « Hommes » en hawaïen, le terme était utilisé par les marins du 19ème pour désigner les peuples du pacifique. L’usage de ce mot c’est peu à peu restreint pour ne désigner que les autochtones de Nouvelle-Calédonie. A partir des années 70, les indépendantistes se sont réappropriés le terme pour en faire un symbole d’identité culturelle et de revendication. Ce mot est maintenant l’emblème de tout un peuple mélanésien. Le dérivé « kanaky » désigne la terre des kanaks.

     

    Européens 34 %. On distingue les « caldoches », calédoniens qui sont la population blanche présente sur le caillou depuis plusieurs générations. Ce surnom à une forte connotation péjorative, il évoque les colonisateurs ayant pris la terre des kanaks pour l’exploiter à leur profit. Les « zoreilles », nom donné aux métropolitains fraichement installés. Diplômés, souvent considérés comme un poil pédant et je  sais tout. Ils sont venus chercher la qualité de vie qui leur faisait défaut en métropole. Le mot « zoreille » fait référence à la période esclavagiste durant laquelle les propriétaires terriens d’outre-mer faisaient trancher l’oreille à ceux qui tentaient de s’échapper.

     

    Polynésiens et wallisiens-futuniens 11 %.

     

    Politique: C’est un pays d’outre-mer (POM) depuis le traité de Matignon. L’Etat français est représenté sur le territoire par le haut-commissariat de la République. La justice, la défense, l’ordre public est géré par la métropole. La Nouvelle-Calédonie dispose d’un gouvernement propre (pouvoir exécutif), d’un congrès (assemblée délibérante), du sénat coutumier, d’un conseil économique et social. Les « lois du pays » s’appliquent pour tout ce qui n’est pas géré par la métropole.

     

    Population : 230 000 habitants dont 118 200 dans le grand Nouméa.

     

    Quelques chiffres:                                                                    

     

     

     

     
     

    NOUVELLE-CALEDONIE

     
     

          France

     
     

    Superficie du pays

     
     

           18 750 km2

     
     

         547 030 km2

     
     

    Population

     
     

          230 000 hab

     
     

        66 259 012 hab

     
       

     

     
     

    Densité de population

     
     

        12,5 hab/km2

     
     

         120hab/km2

     
     

    Education: taux d'illettrisme des 15 ans et plus

     
     

              18%

     
     

    1% non scolarisé

     
     

    Espérance de vie à la naissance:

     
     

           74,2 ans

     
     

    81,5 ans

     
     

    Mortalité infantile

     
     

      6,1 ‰

     
     

              3,34 

     
     

    Dépense de santé par habitant et par an

     
     

      $

     
     

              4690 $

     
     

    PIB par habitants

     
     

      16 500$

     
     

             37 500 $

     
     

    Population en surpoids ou obèse

     
     

    54 %

     
     

    30 %

     

     

     

    Géographie:

               La Nouvelle-Calédonie est le 4ème plus grand archipel situé dans le sud de l’océan pacifique. Son île principale, la Grande Terre, s’étend sur 500km de long sur 50 à 60 km de large. Elle est administrativement scindée en 2 parties égales : la province nord et la province sud dont l’île des pins fait partie. Une 3ème province administrative se situe sur la côte Est de la grande terre, il s’agit des îles loyautés (Ouvéa, Lifou, Tiga et Maré).

               situation géographique    Nouvelle-Calédonie

     

                 La grande terre est traversée du nord au sud d’une chaine montagneuse longue de 400km. Plus proche de la côte Est, elle sépare les grandes plaines littorales à l’ouest des falaises de l’Est. Relief barrière, elle bloque les nuages sur la côte Est qui bénéficie de beaucoup plus de précipitation que sa voisine sous le vent à l’Ouest. Magnifiques baies, marécages et mangroves laissent place à la Savane et aux grande plaines sèches de la brousse de l’Ouest, contrastant avec les montagnes et la végétation tropicale et luxuriante de l’Est, ou encore avec la terre rouge riche en oxyde de fer qui colle et imprègne tout du Sud… il y a des paysages pour tous les goûts.

     

    Environnement :

                 La Nouvelle-Calédonie est surnommée « le caillou » en raison de la richesse de son sous-sol en minerai et notamment en nickel. Son exploitation dans des mines à ciel ouvert tend à défigurer les paysages et à bouleverser les équilibres de la nature. Les écologistes et les chefs kanaks tirent la sonnette d’alarme : le récif corallien du caillou souffre du rejet intensif des déchets dans la mer et les mangroves n’arrivent plus à tout filtrer (encore faut-il arrêter de les arracher). En effet, l’extraction d’1 tonne de nickel créé 2,5 tonnes de déchets (roches, terre). En raison de l’érosion des terrains montagneux, accentués par le passage des cyclones, et sous l’effet des pluies, les éboulis obstruent les cours d’eau qui sortent de leur lit et inondent tout sur leur passage.

                Malgré tout, des mesures importantes ont été prises pour protéger la biodiversité : reforestation, arrêt de l’exploitation du santal, protection des mangroves, et création de réserves pour protéger le Cagou et le Notou (2espèces endémiques de la Nouvelle-Calédonie). Mise en place de mesures pour limiter l’expansion des espèces invasives sur la grande terre : chasse du cerf et du cochon sauvage.

     

    Histoire :

    Il y a 100 millions d’années, la Nouvelle-Calédonie émergea d’un bloc commun avec l’Australie, la Nouvelle Guinée et la Tasmanie. L’île accueillit ses premiers habitants il y a 3000 ans avant JC comme en témoignent des poteries et des pétroglyphes. Les kanaks déboisèrent les collines et développèrent l’horticulture et les techniques d’irrigation. L’agriculture détermine alors un début d’organisation sociale.

     

                L’arrivée des premiers européens : alors que les premiers européens explorent le Pacifique dès le début du 16ème siècle dont la route maritime avait été ouverte par Ferdinand de Magellan, il faudra attendre plus de 2 siècles pour que James Cook (britannique) amarre son navire au Nord-Est de la Nouvelle Calédonie en 1774 alors qu’il partait vers la Nouvelle Zélande. Il découvre la culture du tarot, et par la même occasion la gratte après l’ingestion de poissons troqués contre des étoffes. Avant de quitter l’île, les navigateurs offrent au kanak 2 chiens roux et des cochons. Les kanaks acceptent à contre cœur les animaux qu’ils placent sur un îlot, mais bientôt ces derniers occuperont toute la grande terre.

    D’Entrecasteaux rejoint finalement les côtes du caillou en 1792 et doit alors faire face à l’hostilité des kanaks qui voient d’un mauvais œil l’arrivée des européens. L’usage des armes à feu méconnue des autochtones les tirera d’affaire.

    En 1785, Louis XVI fait envoyer des navires dans le Pacifique pour concurrencer la colonisation Britannique et compléter les découvertes de James Cook. A la tête de la flotte : Jean François de la Pérouse. Le 16 janvier 1788, il débarque à Botany Bay en Australie… raté, les anglais l’ont devancé de peu, ils installent leur comptoirs commerciaux et assure le peuplement de la colonie avec des forçats (l’idée fait mouche en France). Puis, plus de nouvelles, l’équipage fut porté disparu. D’autres navires furent envoyés à la recherche de La Pérouse en vain. C’est surtout les britanniques implantés en Australie qui longent les côtes de la Nouvelle-Calédonie, empruntant la route du thé ou des marchands de bois de santal.

     

    Installation des missionnaires et rattachement à la France: en 1840, les britanniques non contents d’imposer leurs lois veulent faire triompher leur dieu. Ils ont, depuis le début du 19ème, entamé l’évangélisation de la Polynésie. Deux missionnaires sont ainsi envoyés en Nouvelle-Calédonie. Les chefs de clan voyant d’un mauvais œil ces blancs jugés responsable d’une épidémie décident de les éliminer. Napoléon III officialise le rattachement des îles à la France en septembre 1853, il recherche des terres de bagne pour y envoyer des forçats et affirmer la présence française dans le Pacifique. L’éloignement de la France, la présence de moustiques et l’hostilité des kanaks empêchent l’essor rapide de la colonie. Le problème est contourné, des bagnards sont envoyés pour peupler cette nouvelle terre d’asile. Ils construisent alors de grands travaux (routes, remblais des marais…). 22 000 condamnés ont ainsi été envoyés entre 1864 et 1897. Bientôt, il y eut plus de bagnards sur l’île que d’Européens libres. Cette immigration forcée s’arrêtera donc en 1897, et les détenus les plus dociles se virent accordés quelques terres sur le domaine pénitentiaire.

     

    La révolte des kanaks : de nombreux chefs de tribus mécontents des terres accordées aux colons, des ravages causés par le bétail sur leur cultures vivrières, passent à l’attaque. La révolte débute ainsi en 1878 à La Foa et Boulouparis. Le chef Ataï mènera la rébellion pendant 7 mois autours de la Foa et Bourail, au final 200 français et 2000 kanaks périrent. Ataï sera finalement décapité par des kanaks de Canala armés par les français. La fermeture des bagnes en 1897 sera le point de départ d’une nouvelle immigration : des aventuriers de tout horizon cherchant de l’or, du cuivre du cobalt… C’est en 1864 que Jules Garnier trouve un tout autre métal précieux : le nickel qui fera la richesse de l’archipel. Son exploitation débutera 10 ans plus tard avec la création de la SLN (Société Le Nickel) qui assurera 90% de la population mondiale.

     

    La guerre 14-18 : Néo-Calédoniens européens et kanaks viennent porter main forte aux poilus en France pendant la 1ère guerre mondiale. Ce bataillon du Pacifique sera reformé en 1940 avec l’aide des Tahitiens : ils seront les 1ers à rejoindre la France libre.

     

    Nouvelle-Calédonie et Américains : en 1940, l’éloignement du caillou de la métropole fait que le pays se tourne vers l’Australie et la Nouvelle-Zélande car elle manque de vivres. L’attaque de Pearl Harbor le 7 décembre 1941 étend la 2nd guerre mondiale au Pacifique. La Nouvelle-Calédonie ayant une position stratégique à proximité du Japon et disposant d’une ceinture de corail (atout essentiel contre tout débarquement) est choisie en 1942 par les Etats-Unis comme base contre-offensive contre le Japon. Le débarquement de 10 000 hommes change alors les modes de vie, de pensée et la façon de se divertir et de consommer. Les américains mettent également en place de nombreuses infrastructures (routes, aéroport…) assainissent et modernisent Nouméa. A partir de 1944, le théâtre des opérations s’éloigne du caillou, le départ de l’US navy est perçu comme la fin d’une époque dorée pour le pays.

     

    Vers l’indépendance :

    1956 : une plus grande autonomie est accordée au pays. En 1957, les kanaks obtiennent le droit de vote. Le statut de TOM est maintenu alors que le chemin vers l’indépendance est ouvert.

    1975 : le festival mélanésia 2000 présentant la culture et les arts kanaks permet de redonner fierté et courage aux kanaks. Les choses évoluent dès 1976 avec la création de mouvements indépendantistes sous le nom de leur leader Jean-Marie Tjibaou. Le pays acquiert plus d’autonomie.

    1981 : les tensions s’aggravent avec l’assassinat du secrétaire général de l’union calédonienne. Le mouvement indépendantiste se radicalise et Jean-Marie Tjibaou accède au pouvoir territorial en 1982. Le ministre des DOM-TOM organise des tables rondes pour apaiser les tensions, reconnaissant officiellement le peuple kanak comme « premier occupant du territoire » et leur « droit inné et actif à l’indépendance » mais le rassemblement pour la Calédonie dans la République refuse de signer la déclaration sous le nom de Jacques Lafleur.

     

    Radicalisation du mouvement indépendantiste : dès 1984 un nouveau statut est créé procurant des pouvoirs plus étendus au conseil du gouvernement, aboutissant à un nouveau statut d’autonomie. Les élections territoriales en 1984 se déroulent dans un climat délétère, Eloi Machoro, autre chef  indépendantiste détruit des urnes, des soulèvements indépendantistes ont lieu un peu partout sur le territoire entrainant la fuite de certaine population de la brousse. Une embuscade fait 10 morts près de Hienghène dont 2 frères de Jean-Marie Tjibaou. En guise de représailles, 3 européens meurent dans un incendie criminel à Bourail. Des manifestations violentes de la population s’en suivent, puis l’intervention du GIGN aboutie à l’abatage d’Eloi Machoro (héro martyre pours les indépendantistes, élevé au rang de Ché Guévara calédonien).

             En 1987 le peuple est consulté quant au statut d’indépendance du territoire. Malgré un boycott du scrutin, le maintien dans la république française est choisi. Un nouveau statut est donné au pays.

             En 1988, un regain de violence touche la Nouvelle-Calédonie, avec une prise d’otage de 22 gendarmes. Deux mois plus tard, un autre assaut est lancé contre une gendarmerie d’Ouvéa, la violence se répand également sur la côte Est de la grande terre.

     

    Accord de Matignon : signé en 1988 entre Lafleur et Tjibaou, il stipule sue le gouvernement français gère les affaires du territoire jusqu’en 1989, et un nouveau statut devra être entériné lors d’un referendum en 1998. Il prévoit également le déblocage de fonds pour les régions les plus isolées et les moins développées de l’archipel.

              Le 4 mai 1989 Jean-Marie Tjibaou est assassiné par un membre du front uni de libération Kanake alors qu’il s’était rendu  sur l’île d’Ouvéa pour la commémoration de 19 kanaks tuée par les forces de l’ordre lors de l’assaut de 1988.

              Le 4 mai 1998, les accords de Nouméa sont ratifiés. Ils garantissent la souveraineté partagée entre l’Etat et le territoire pour une durée de 15 à 20 ans, à l’issue de laquelle les néo-calédoniens décideront de leur avenir par referendum. La Nouvelle-Calédonie est devenue un POM (pays d’outre-mer).

             2000 : transfert des compétences de l’Etat français vers le territoire définissant le statut des kanaks, le régime des terres coutumières, les règles du travail et la gestion des étrangers.

             2004 : élection d’un nouveau gouvernement. Les résultats sont faussés et le gouvernement meurt avant même d’entrer en fonction. C’est le début d’une crise constitutionnelle à l’issue de laquelle Marie-Noël Thémereau est élue à la présidence du 5ème gouvernement Nouvelle-Calédonie.

              2005 : Les traces de La Pérouse sont découvertes, les 2 épaves sont enfin retrouvées.

     

    Avenir : Nouveau referendum quant à l’accession de la pleine souveraineté pour la Nouvelle-Calédonie avant 2018.

     

     

     

    « Notre résumé de L’Australie L’arrivée sur le caillou »

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