• "L'Asuncion" à la capitale...

    tag sur architecture coloniale, joli rendu!

     

     

    San Jeronimo :

                    Nous passons à l’office de tourisme récupérer un plan de la ville et y rencontrons Rafael, un jeune français en vacances pour quelques semaines dans le coin. Nous le suivons pour la journée et c’est comme ça que nous nous retrouvons dans le quartier populaire de San Jeronimo. Un quartier haut en couleur constitué de toutes petites ruelles dont les maisons sont extrêmement colorées.

     

     

     

     

     

    bario san jeronimo (asuncion)

     

                     Les habitants mettent du cœur à l’ouvrage pour conserver la singularité architecturale du quartier désormais classé patrimoine d’Asunción. Et la tâche n’est pas facile : les habitants ne sont pas des professionnels du tourisme, lorsqu’ils terminent leur journée de labeur, une seconde journée les attends pour animer le quartier, tenir magasin d’artisanat ou restaurant familial. C’est comme ça que nous nous sommes retrouvés à la table de Carmencita, une bonne vivante aux plats aussi généreux que son coup de fourchette. Elle nous fera entrer dans sa cuisine pour nous dévoiler les secrets de ces délicieuses recettes. L’hospitalité des Paraguayens n’est donc pas une légende, déjà en quelques jours nous en faisons l’expérience.

     

     Carmencita la reine de la cuisine avec son asado et son chipa guazu 

    La surpopulation du quartier, et l’étroitesse des ruelles font que la nuit ce quartier prend une tout autre allure : ce qui en fait son charme le jour est source d’insécurité la nuit, le secteur n’est alors absolument plus recommandable. Après un yerba maté sur les toits du quartier, nous reviendrons donc sur nos pas, pour la suite de la visite de la capitale.

    sur les toits de san jeronimo (yerba maté et guitare)

     

    Artisanat et centre historique d’Asunción :

                    La suite de notre balade nous amène à découvrir l’artisanat local : verres a « maté »  ou « tereré » en palo santo (un bois particulier du Chaco paraguayen aux propriétés anti inflammatoires) et les bombillas qui permettent de boire ces boissons populaires. On y rencontre aussi beaucoup d’objets liés au travail du cuir, de la vannerie, et le ñanduti selon des techniques ancestrales utilisées par le peuple Guaraní.

      

    un ñanduti sur son cadre de tissage

    La légende raconte qu’existait une femme brune, très belle et aimable. Deux hommes, courageux guerriers Guaranis, se querellaient pour son amour. L’un d’eux s’appelait Jasyñemoñare (fils de la Lune) et l’autre Nanduguasu (l’autruche).

                La nuit où Jasyñemoñare supplia le dieu Tupã qu’il l’aide à conquérir le cœur de  Samimbi, il vit au sommet d’un arbre gigantesque un genre de dentelle de couleur argenté. C’était parfait, et la lumière de la lune le rendait d’autant plus beau. Cela éblouit Jasyñemoñare qui abattu l’arbre pour  s’en emparer et l’offrir à son aimée.

                 A ce moment même passa par-là Ñanduguasu. Voyant un tissu aussi beau, il devint fou de jalousie, pensant que son ennemi réussirait avant lui. Sans y réfléchir deux fois, il tira une flêche. Jasyñemoñare tomba et mourut sur le champ. Ensuite, rapidement Ñanduguasu grimpa à l’arbre, mais quand il voulut saisir la dentelle, seul resta dans ces doigts un tissu déchiré. A cet instant, il comprit  qu’il s’agissait d’une toile d’araignée.

                 Ñanduguasu fut rongé de remords pendant plusieurs mois jusqu'un jour sa mère réussi à lui faire révéler son terrible secret. La femme demanda alors à son fils de l'emmener à l’arbre en question. Et ainsi le fit Ñanduguasu. Lorsque les deux furent sur place, ils virent avec surprise qu’au même endroit se trouvait un tissu identique au précédent.

                  Depuis la mort de Jasyñemoñare Ñanduguasu errait sans but dans la jungle. Sa mère ne supportant plus de voir son fils ainsi décida de lui offrir un tissu équivalent à celui qu’il avait aperçu dans l’arbre afin de le réconforter. Pour cela, la vieille dame commença par étudier attentivement les allées et venues des araignées filant avec une telle perfection jusqu'à obtenir une telle dentelle. Elle prit ses aiguilles à tricoter et commença à copier les cercles et les lignes que les araignées avaient dessinées, utilisant comme fil des brins de ses cheveux blancs, elle réussit à reproduire ce tissu si singulier. L’histoire ne dit pas si le cœur d’une si belle femme fut conquis, mais depuis les ñanduti en ont conquis plus d’un !

      

    La gare historique de la ville:

                  Avec La gare San Roque, le Paraguay s’offrait en 1856 la première station d’Amérique du sud, pour le transport de passagers. Aujourd’hui, elle est devenue musée des chemins de fer et expose fièrement ses vieilles locomotives à vapeur.

    la première gare d'amérique du sud

     Nous passons également devant le Cabildo palace qui abrite le gouvernement, puis la grande cathédrale.

    Asuncion

     

    Un élément attire immédiatement notre attention : des maisonnettes de bois aggloméré avec un numéro écrit grossièrement au marqueur noir occupent ce qui est affiché comme la place de l’indépendance sur notre carte. Le contraste avec l’architecture coloniale est marquant. Ici, tout le monde nous déconseille formellement d’y mettre les pieds : ces quartiers de fortunes ne sont pas vraiment très accueillants envers les touristes… On ne sortira pas non plus notre appareil photo pour en ramener un souvenir. En réalité, à chaque fois que le niveau de la rivière monte, les habitations les plus basses se retrouvent submergées et ses habitants se voient alors obligés de déménager vers ces cabanes de fortune, entassés sur les places publique de la ville. Hormis les enfants qui jouent au football, c’est ambiance camps de concentration : les baraques sont alignées en tentant d’optimiser au maximum l’espace et il y a un nombre impressionnant de policier au m2, sirotant leur tereré dont l’eau est fraichement gardée dans des thermos marqués policia ! 

     

    La fête nationale :

                     Les prémisses de la création de la ville d’Asunción mais aussi de la déclaration d’indépendance du Paraguay remonteraient au 15 aout 1811. Depuis cette date est donc célébré l’anniversaire de l’indépendance du pays, et un défilé de la sainte patronne de la ville anime les rues de la capitale. Le 15 Août, nous attendons donc devant la cathédrale le départ de la grande fête de la vierge de l’assomption. Pour l’occasion, une statue de la vierge Marie est promenée à l’arrière d’un 4x4 décoré de fleurs et de ñanduti pendant que des centaines de cavaliers en tenue traditionnelle paradent et défilent, brandissant fièrement le drapeau de leur pays. La vierge doit aussi faire un tour sur une barque pour redescendre le rio Paraguay, malheureusement, nous n’assisterons pas à ce pèlerinage pour éviter de se promener de nuit dans la capitale.

    discours devant l'église de la vierge d'asuncion    un char moderne pour la sainte patronne d'asuncion    

    finit le pays des lamas, place au pays du cheval   démonstration des cavaliers et amazones de tout le paraguay

     

    Nous passons le reste de notre séjour à Asunción chez Nelson, un Paraguayen adorable qui est tombé amoureux d’une française il y a quelque mois et ne rêve désormais que de connaître mieux son pays d’origine et sa langue. Nous passons des heures à discuter avec lui. Malheureusement, il travaille beaucoup en ce moment et nous n’aurons pas le temps de nous balader avec lui. En fait il essaie de mettre de l’argent de côté pour se préparer un long voyage outre atlantique … Tient ça nous rappelle quelque chose…

     Nelson en plein boulot!

     

    El mercado 4 :

     

    Chez lui, un soir nous regardons le film « Siete cajas ». Ce grand succès du cinéma est le premier long métrage made in Paraguay. Il a entièrement été réalisé et tourné à Asuncion, dans le plus grand marché populaire de la ville : le « mercado 4 » et fait la fierté de tous les habitants du pays. Il raconte l’histoire d’un jeune homme qui travaille comme porteur dans le marché, et se voit confier une cargaison de 7 caisses de bois au contenu inconnu. L’intrigue tourne autour de problèmes de société qui touche toute l’Amérique : allant du petit larcin (vol, recel) au trafic de marchandise, à la corruption de la police, blanchiment d’argent sale et tueur à gage. A certains moment on se pose même la question de si tout cela est vraiment de la fiction tant les scènes nous sembleraient être familières.

    Vitor le porteur héro du film siete cajas   scène du film 7 cajas, au mercado 4

     

    pour un aperçu du film: https://www.youtube.com/watch?v=t1ax_XInBLE

    pour la VO et intégrale du film: https://www.youtube.com/watch?v=DVffzf3RbBk

     

    Le jour suivant, nous nous rendons sur les lieux du tournage du film. On partira avec le minimum sur nous, pas de sac et peu d’argent par précaution. On retrouve les bâches colorées qui servent de plafond aux étalages et les fameux porteurs poussant leur diable suivant une course effrénée dans les allées étroites du marché. Certains disent que cet endroit est l’équivalent des souks de Marrakech, version Amérique du sud : on trouve de tout ici. Et si un marchand n’a pas ce que tu veux, il va se fournir dans l’étalage de son voisin pour être sûr que l’affaire ne lui échappe pas ! Les vendeurs sont plutôt sympathiques et n’hésitent pas à nous parler de leur culture. Encore une fois, ils sont contents que des européens visitent leur pays. Ce marché est gigantesque et s’étend sur tout un quartier de la ville, on s’y perdrait presque. On en profite pour faire quelques emplettes, mais on a la sensation qu’un binôme de jeunes un peu louche nous suit … ça fait déjà deux fois qu’on les croise. On ne prend pas de risque et décampe aussitôt, retour chez Nelson.  

    sous les bâches du marché 4

    « De la Bolivie au Paraguay Le chipa Guazu de Carmencita (Paraguay) »

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