• Plongée sur l'épave du SS Yongala

    SS Yongala

     

    Au 20 ème siècle, les routes étaient peu développées sur le continent australien et les distances à parcourir bien trop longues aux vues des moyens de déplacement terrestres de l’époque. La meilleure option pour se déplacer était donc par la mer. De nombreux bateau reliaient ainsi les mines d’or de l’Australie de l’ouest aux ports de la côte Est, et parmi eux : le SS Yongala.

     

    Le 14 mars 1911, le SS Yongala entamait ainsi son 99ème voyage dans les eaux d’Australie, transportant des passagers de Melbourne à Cairns. Mais voilà que peu après son étape à Mackay, un cyclone tropical fut annoncé entre Mackay et Townsville. Des télégrammes furent envoyés par la station météo, et des drapeaux de signalisation furent dressés, demandant aux navires de se réfugier dans le port de Mackay. Le SS Yongala ne reçut jamais ces avertissements. Pris dans le cyclone, il sombra au Sud de Townsville le 23 mars 1911. Des 49 passagers et 73 personnes de l’équipage présents sur le navire, aucun n’a pu survivre à cette tragédie.

     

     

    Le bateau ne fut porté disparu que 3 jours plus tard. Tous les moyens furent ensuite mis en œuvre pour le localiser… en vain. Les recherches étaient risquées pendant cette période de cyclones tropicaux, et les risques de sur-accidents étaient grands. Des gilets de sauvetages comportant les emblèmes du SS Yongala refirent surfaces, confirmant l’accident, mais ne permirent pas de retrouver l’épave. Le mystère restait entier. Une récompense de 1000 £ fut même accordée par le gouvernement du Queensland à quiconque en découvrirait les traces. A la suite de cette disparition, des histoires de bateau fantômes courraient les ports au sujet d’un navire ressemblant au SS Yongala fréquemment vu naviguant entre Bowen et Townsville ! Ce n’est qu’à la fin de la seconde guerre mondiale qu’un bateau sonar chargé d’identifier des mines sous-marines découvrit une masse dans cette zone de légendes populaires. Le seul navire porté disparu dans cette zone étant le Yongala, le doute ne resta pas longtemps. Ce n’est finalement qu’en 1958 que l’épave fut réellement identifiée.

     

     

    Avec ses 109 m de long, l’épave quasi intacte repose sur un fond sableux entre 16 et 28 mètres de la surface. L’épave est devenue au fil des ans un support pour la vie marine. Différentes espèces de coraux et de poissons aux tailles bizarrement surdimensionnées y ont élu domicile (requin baleine, raie menta, requin taureau, mérous…). Ces caractéristiques en font le bateau le plus long et le mieux conservé des épaves présentes dans les eaux australiennes … et l’un des plus beaux sites de plongée sous-marine au monde !

     

     

    Plus de 100 ans après la fameuse tragédie, nous décidons de nous rendre sur ce site empli de mystère. Nous avons dû réserver notre plongée en avance car le site est protégé par des lois australiennes pour la conservation de l’épave, et seuls deux centres de plongées sont autorisés à s’y rendre 3 fois par semaine. Nous avons bien sûr regardé attentivement les prévisions météo afin d’avoir les meilleures conditions possibles. Tout semblait parfait, cependant le matin quand nous nous levons, un orage se prépare. Nous avons donc dû affronter une mer démontée pendant 3h pour nous rendre au large de Townsville sur le site de l’épave (autant vous dire que les cours de Yoga n’ont servi à rien ce coup-ci… mais on a vu des poissons énormes !). A l’approche du site de plongée, notre moniteur nous raconte l’histoire du navire, de quoi nous mettre un peu dans l’ambiance. Partagés entre excitation et appréhension (quoi ? il y a des trucs énormes là-dessous…), il nous tarde d’enfiler notre équipement ! La mer s’est calmée, le soleil est réapparu, et bientôt le moteur se coupe : on y est !

     

    Une fois sous l’eau, on devine à peine la paroi du bateau tellement il y a de corail dessus. De temps en temps, on découvre un hublot, le pont supérieur et ses barrières de sécurité, la proue, la poupe mais il est difficile de discerner plus de détails… les poissons sont partout, on ne sait plus où donner de la tête. Des mérous énormes nous passent à côté, ils sont de la taille de la Citroën saxo de Yann ! Une tortue verte, des « moari wrasse », des serpents de mers olive, des « coral trout », des « trevally » géants et pleins de demoiselles en tout genre.

     

    Pas de chance pour nous, la visibilité est très mauvaise (à peine 5m) en raison du cyclone qui s’est abattu au large de la Nouvelle Calédonie et de la Papouasie Nouvelle Guinée il y a quelques jours. Nous n’aurons pas la chance d’apercevoir les requins baleines,  guitare et taureau, ni la raie taureau. Il faut dire aussi qu’on ne s’est pas éloignés de l’épave de peur de ne pas la retrouver par la suite. La sortie reste quand même exceptionnelle, ce n’est pas souvent qu’on a la chance d’observer autant de vie sur une épave.

     

     

    « Magnetic IslandArrivée à Mackay »

    Tags Tags : , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    1
    manou
    Jeudi 23 Avril 2015 à 19:48

    waouh!!!! grandiose!!! on a du mal à le croire. Vraiment très impressionnant votre vidéo je dirais même fascinant.Vous avez du vous régaler ceci fait parti des souvenirs inoubliables !!!

    la vie sous marine est vraiment extraordinaire à la fois magique et terrifiante aussi

    prenez soin de vous 

    BISOUS 

    MANOU

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :