• Un avion de plus c’est pas le Pérou !

    el dorado               L'Eldorado, le pays de l'or, a longuement fait rêver les Européens, au XVIe siècle, lorsqu'ils ont mené de nombreuses expéditions en Amérique du Sud, avec l'espoir d'y localiser ce pays dont le prince se faisait saupoudrer d'or de la tête aux pieds chaque matin.

                   Parmi les différentes vagues d'exploration et de pillage du continent sud-américain, c'est en 1532 que Francisco Pizarro défait les Incas au Pérou en capturant leur roi Atahualpa et en massacrant jusqu'à 20 000 des personnes qui l'accompagnaient dans le piège que le conquistador avait tendu. Le roi prisonnier fait alors livrer aux Espagnols de très grandes quantités d'or et d'argent en échange d'une libération qu'il n'obtiendra jamais puisqu'il sera étranglé dans sa prison en 1533.

                   Le Pérou offrait une réserve immense de richesses telles que l'or, l'argent, le plomb ou encore les pierres précieuses. Les colons espagnols asservirent alors les indiens qu'ils considéraient comme de la main d'œuvre bon marché et sans importance pour exploiter les mines à leur place. Petit à petit, les réserves s'amenuisèrent jusqu'à ne plus laisser que quelques paillettes d'or dans les ruisseaux. C’est de ce passé colonial pas très glorieux qu’est née l’expression "ce n'est pas le Pérou", pour figurer qu'un gain n'est pas énorme, en référence à cette époque où le pays était un véritable eldorado.

                  Dans notre cas, ce n’est pas la conquête de l’or qui nous fait partir pour le Pérou, mais plutôt la culture andine et une fascination pour les vieilles pierres (ses montagnes, ses vallées sacrées, ses murs et allées pavées…) dont le Macchu Pichu est un bon exemple.

     

                    Le 2 juillet, nous nous rendons à l’aéroport d’Auckland avec les transports en commun. On avait prévu pas mal de temps d’avance, et ça nous a bien servi… Arrivés au guichet d’enregistrement, l’ordinateur ne trouve pas nos billets. Il semblerait qu’un problème de traduction entre la version française et anglaise du site ait échangé notre nom et notre prénom… alors que nos billets édités en français sont corrects. Direction le comptoir des billets… c’est là que les ennuis commencent. L’hôtesse refuse d’enregistrer nos billets parce que nous n’avons pas de billet de sortie du territoire Péruvien. Nous partons alors à la recherche d’une connexion internet pour récupérer le fameux sésame (un « ticket » de bus vers la Bolivie). De retour au comptoir, il semblerait qu’il y ait un nouveau problème. Après de multiples coup de téléphones à la hiérarchie, on nous demande à présent un billet de sortie pour la Bolivie… le monde n’est décidemment pas fait pour les vagabonds (ça nous rappelle l’épisode du visa chinois). Nous comprenons rapidement que l’on va nous demander successivement un billet pour l’Argentine, puis pour le Chili et cela jusqu’à ce qu’on rentre en France. Nous retournons donc dans la zone de Wifi, mais ce coup-ci il nous faut payer pour se connecter… Grrr ! Nous prenons donc les devant et choisissons de récupérer un « billet » Bolivie-France afin de s’éviter de nombreux aller-retour et de dépenser une fortune en connexion internet. En plus de débourser beaucoup d’argent pour un billet d’avion, ce billet ne nous servirait à rien puisque de la Bolivie nous ne rentrerons pas de suite en France. Au cours de ce voyage, nous avons beaucoup appris de l’expérience d’autres voyageurs. Dans ce cas-là, la solution est d’acheter un billet annulable ou d’avoir une assurance annulation… mais tout ça à un coût. De notre côté, nous avons choisi une autre option : la ruse ! Maintenant, nous faisons partie des « vrais » routards tourdumondiste, de ceux qui fabriquent leurs billets pour passer les frontières ! Il nous aura fallu 2h pour enfin récupérer nos billets pour Los Angeles, en espérant qu’aux Etats-Unis ce sera plus simple pour avoir celui de Lima. Après un vol de nuit agrémenté de secousses, nous arrivons à Los Angeles pour une escale de 15h avant de reprendre notre avion pour Lima. Prévoyant, nous demandons d’enregistrer notre billet tout de suite,  afin de se laisser suffisamment de temps de marge s’il y a un problème. Là encore c’est la surprise : on ne nous demande rien, et en moins de 5 minutes nous avons notre billet en main… Après une longue escale et une dizaine d’heures de vol de nuit, nous voilà enfin en train de survoler Lima… quelle histoire !

                     La vue aérienne nous dévoile un avant-gout de ce qui nous attend : Lima est une ville côtière en plein milieu d’un désert. Vu du ciel, on perçoit  très peu de routes goudronnées, beaucoup de pistes de poussière et quasi aucun espace vert…sacré contraste avec la Nouvelle-Zélande ! L’avion est en phase d’atterrissage, et bientôt le ciel bleu n’est plus qu’un ancien souvenir. En effet, en hiver à Lima existe une brume épaisse « la garua » qui empêche les rayons du soleil de passer. Ce brouillard humide est le résultat de la rencontre entre l’air frais arrivant de la mer et l’air chaud venant du désert. La différence de température fait alors apparaitre une bruine très fine qui condense au niveau des terres et tente éperdument d’humidifier les terres arides de Lima. Il faut se faire une raison, nous venons d’échanger un beau ciel bleu contre une bonne dizaine de degrés de plus …

    vue aérienne de Lima

     

    Carla, une couchsurfeuse avec qui nous sommes rentrés en contact il y a quelques jours nous a donnée rendez-vous à la sortie de l’aéroport, mais lorsque nous arrivons nous ne la voyons pas… Le temps s’écoule peut être plus lentement en Amérique Latine, nous attendons donc un peu ici. Une demi-heure plus tard nous décidons de la contacter. J’allume mon téléphone, mais à ma grande surprise je ne trouve aucun réseau et ne peux ni envoyer ni recevoir de message. Nous optons alors pour la connexion internet, mais elle aussi semble impossible !!! Ça s’annonce pas simple cette histoire… En bidouillant mon téléphone, je fini par trouver comment modifier les paramètres de connexion au réseau pour basculer sur le continent sud-américain. C’est bien la première fois que j’ai à faire ça ! De son côté Perrine arrive à se connecter au wifi d’un restaurant. Après presque 3 heures nous rencontrons enfin Carla. Nous nous rendons chez elle en colectivo, sorte  de petit bus local. Ça contraste avec la Nouvelle-Zélande, on avait oublié le tumulte des grandes villes avec leurs lots de bus, taxis et colectivo tous plus bondés les uns que les autres, qui déboulent de nulle part, changent de file sans avertir et klaxonnent à tout va. Ça nous rappelle un peu l’Inde et les pays d’Asie du sud-Est, en un peu moins pire quand même. En plein milieu du trajet, deux jeunes entrent dans le van et se mettent à chanter chacun leur tour du rap. Ce sont des étudiants qui ont besoin de mettre un peu de beurre dans leurs épinards, ils improvisent ainsi entre deux arrêts de bus de petites chansons s’inspirant des passagers. Au milieu du bruit assourdissant des moteurs quelques mots sortent du lot « extranjeros », « una mochilla de viaje », et oui, c’est bien de nous dont il s’agit ! Ces deux jeunes nous arrachent décidemment un sourire en nous adressant ce message nous souhaitant la bienvenue. Finalement nous arrivons chez Dario, Carla et leurs 2 colocataires. Dario l’ami de Carla est professeur d’histoire et les 2 s’intéressent à la politique. Ils passent un long moment à discuter avec nous et à nous expliquer leur vision de l’Etat péruvien.

                   Dans ce pays, l’instabilité politique règne : les dictatures et les « démocraties » s’enchainent les unes après les autres. C’est la première fois dans l’histoire du pays qu’il y a deux démocraties d’affilées, du coup tout laisse à penser que le pays va mieux. Mais Carla et Dario restent alerte aux facteurs qui annoncent un nouveau coup d’état… et selon eux, il semblerait que la démocratie ne durera pas. En effet, l’inflation a repris de plus belle, les gens ont de plus en plus recours au vol, et les enfants se remettent à mendier depuis peu… mauvais présage ?

                  Nous retrouvons rapidement des similitudes avec l’Asie : douche froide le matin, ce coup-ci pas de douchette ou bol d’eau dans les WC mais du vrai papier toilette qu’il ne faut pas le jeter dans la cuvette après utilisation sinon ils se bouchent (une corbeille est donc présente à cet effet), et bien sur on filtre l’eau du robinet avant de s’en servir et on pèle les fruits et légumes… tout prend un peu plus de temps et d’énergie, mais vaut mieux ça que la tourista !

                   Puis vient la première leçon de cuisine avec les « papas a la huancaína », des patates avec une sauce faites à bases d’Ají jaunes: des piments doux qui ne poussent qu’au Pérou où les conditions météorologique et le type de sol sont favorables à ce type de plante. Nous découvrons aussi une boisson locale qui est devenue un des symboles national: l’inca Kola, la bebida des incas.  Cette boisson jaune pétillante au goût de chewing-gum a détrôné le coca-cola pour devenir la boisson la plus populaire du Pérou.

    inca kola

                   Carla improvisera une leçon de percussion andine, elle joue du cajon et nous explique qu’il lui est déjà arrivé d’animer les couloirs des bus de la ville accompagné de Dario à la guitare lorsque les fins de mois étaient un peu difficiles.

                   Les huit heures de décalage horaire nous font très très mal… la fatigue monte vite, surtout qu’il faut se remettre à parler espagnol après 9 mois à ne communiquer qu’en anglais. Nous partons au lit pour être en forme pour la visite de la Lima.

     

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