préparation d'un tour du monde, suivi du voyage de Perrine et Yann

Il s’est remis à neiger : c’est donc un paysage givré qui défile sous nos yeux. Les lacs ont gelé et les sapins disparaissent sous des amas de neige sur les pans de montagnes blanches. La température a bien diminuée dans le bus, chacun s’emmitoufle comme il le peut dans son manteau et se laisse bercer par ce paysage éblouissant.

Après plusieurs heures, changement de décor : des plateaux arides à perte de vue, sans arbres ni verdure constituent le seul décor. La définition « d’horizon » prend soudain tout son sens. Aucun obstacle devant nos yeux, la vue s’étale à des centaines de kilomètres à la ronde. De temps en temps, des canyons apparaissent, ou quelques montagnes. C’est plutôt agréable de voir aussi loin en un coup d’œil, sans tours de verres, de béton et d’acier pour boucher le paysage. Les paysages défilent et se ressemblent.


La monotonie du voyage sera de temps en temps rompue par la découverte de la faune locale : des chevaux sauvages, des guanacos (cousin du lama) broutant les herbes sèches de ces steppes désertiques, des lagunes servant de garde-manger à des flamant-roses, des oies sauvages, des nandous (un genre d’autruche) et d’autres espèces d’oiseaux bizarres. C’est toute la Patagonie qui se présente à nous lors de ce trajet en bus. On prend soudain conscience à quel points ces terres sont reculées… sur 30h de bus on n’aura croisé 5-6 villes n’abritant que quelques centaines d’âmes. Une halte à El Calafate, un changement de bus, puis 3h de trajet en plus avec pour récompense un magnifique couché de soleil sur la cordillère des Andes et un petit avant-gout de ce qui nous attend à El Chalten pour les jours à venir.
