préparation d'un tour du monde, suivi du voyage de Perrine et Yann
Les Guaranís :
Le nom Guaraní fut donné au peuple indigène du Paraguay par les premiers envahisseurs espagnols, qui avaient entendu des cris de guerre « guará-ny » en guise de bienvenu… traduction « combattez-les ». Une autre version affirme que le mot provient de la déformation d’un mot Guaraní signifiant guerre ou combat. En se présentant devant les espagnols, ces mêmes indigènes se dénommèrent ainsi comme pour indiquer qu’ils se considéraient en guerriers.
A l’origine, ce sont les descendants des groupes ethniques qui habitaient les forêts tropicales de l’alto Paraná, de l’alto Uruguay et la partie méridionale de l’altiplano brésilien au Ve siècle. Ils vivaient de la chasse, de la pêche et de l’agriculture. Grand connaisseurs de la faune et de la flore de leur habitat, c’est au Guaraní que l’on doit une grande partie de la classification des plantes et des animaux. Après le latin, le guaraní est la deuxième langue qui a donné le plus de noms dans les sciences naturelles. Ces populations furent les protagonistes d’intenses migrations qui les amenèrent à occuper les territoires où on retrouve de nos jours leurs descendants. Les Guaranís s’établirent notamment dans le territoire qui aujourd’hui appartient au Paraguay, le mot paraguá –y signifiant dans la langue natale « l’eau qui forme un océan ».
La mythologie Guaraní :
Les Guaraní ont beaucoup de dieu des bons et des mauvais, ils en ont même un pour le maté ! Nelson nous raconte que depuis tout petit, il entend des histoires sur des monstres Guaraní, des genres de démons qui enlèvent les femmes ou les enfants, violent les demoiselles, volent… Croyance populaire ou excuse pour expliquer les problèmes sociaux, nul ne saura jamais… Il n'existe aucune trace écrite de ces anciens mythes et des légendes associés au peuple Guaraní, mais la tradition orale a permis de les conserver et de retransmettre ces croyances religieuses. Plusieurs de leurs croyances profondes sont toujours en vigueur dans les zones rurales de la région Guaraní.
Au cours de leur histoire, les peuples d’origine Guaraní se sont intégrés à la société moderne et leurs croyances ont été altérées ou remplacées par le christianisme. En effet, l’arrivée des missionnaires jésuites au XVIe siècle a permis au travers de l’évangélisation de transposer sous forme écrite la langue Guaraní et ainsi de mieux diffuser les modes de pensée tolérés par l’Eglise. Les missionnaires jésuites tireront avantage de la place centrale de Tupá (« une des divinités suprême pour les Guarani à l’origine de la création de la terre sans mal ») en l'identifiant au dieu chrétien pour détourner le sens initial du grand mythe fondateur.
Le mythe de la création chez les Guaraní :
Les guaranís croyaient qu'à l'origine des temps était le chaos, formé de la nébuleuse primitive et des vents originels. Ñamandú, "notre grand-père" se créa lui-même à partir du chaos.
Le processus d'autocréation de Ñamandú se divise en étapes, à la manière d'une plante : il se basa sur ses racines (les divines plantes des pieds), étendit ses branches (des bras avec des mains bourgeonnantes de doigts et d'ongles), construisit sa cime (un diadème de fleurs et de plumes Yeguaka) et se dressa comme un arbre. Une fois sa création achevée, le cœur de Ñamandú commença à rayonner, ce qui élimina les ténèbres primitives. Il décida ensuite de créer la Parole Créative (Ayvú) qui sera par la suite confiées aux humains pour permettre le développement du langage.
Il termina la création de son corps en générant les autres dieux principaux qui l'aideront à accomplir sa lourde tache : Ñanderu py'a guasu (le père des mots, littéralement "Notre père au grand cœur"), Karaí (le maître des flammes et du feu solaire), Yakairá (le maître de la brume, du brouillard et de la fumée de pipe que respire les chamans) et Tupã (le maître des eaux, des pluies et du tonnerre). Il leur fut accordé la conscience de leur propre divinité et l'essence sacrée de l'Ayvú.
Les quatre compagnons procédèrent alors à la création de la première Terre. Ñamandú croisa deux bâtons indestructibles et posa la Terre dessus. Afin de s'assurer que les vents originels ne l'emporteraient pas, il l'attacha à l'aide de cinq palmes sacrées : une au centre et les quatre autres à chaque extrémité. Une en direction de la demeure de Karaí (vers l'ouest), la seconde en direction de l'origine des vents nouveaux (au nord), la troisième vers la demeure de Tupã (à l'est) et la quatrième en direction de l'origine de l'espace-temps primitif (au sud). Le firmament repose sur ces colonnes.
À côté de cette terre, nommée Yvy Tenonde (la Terre Originelle), il créa la mer, puis le jour et la nuit. Dans la plupart des légendes Guaraní "Tupã" apparait comme le dieu à l’origine de la création du monde. Il descendit sur Terre sur une colline de la région d'Aregúa, au Paraguay, d'où il créa tout ce que l'on peut trouver à la surface de la Terre : océans, forêts, animaux... Tupã donna ensuite naissance à l'humanité dans une cérémonie élaborée, où à partir de plusieurs éléments de la Nature il façonna deux statues d'un homme et d'une femme (Rupave et Sypave, dont les noms signifient Père et Mère du peuple). Après avoir insufflé la vie dans ces formes humaines, il les laissa en compagnie des esprits du Bien et du Mal. De leur descendance apparurent les 7 monstres de la mythologie Guaraní dont la mémoire reste encore vivace chez les paraguayens. Selon la plupart des mythes Guaraní, le peuple Guaraní était le premier peuple à prendre vie, dont descendent ensuite toutes les autres civilisations.
La création de l'homme n'apparaît sous cette forme qu'à partir de l'évangélisation des jésuites qui « fusionnèrent » les diverses histoires et légendes de héros mythiques guaraní pour mieux coïncider avec la Genèse.
Les trois terres :
Sur Yvy Tenonde, la première Terre, les hommes vivaient aux côtés des dieux. Ils ne manquaient de rien et ils ne tombaient jamais malades. Cependant, l'un d'eux, nommé Jeupié, transgressa le plus grand des tabous : l'inceste, en couchant avec la sœur de son père. Les dieux punirent cet acte par un déluge qui détruisit la première Terre et ils partirent vivre dans les cieux.
Ñamandú décida alors de créer une deuxième Terre, Yvy Pyahu, et sollicita l'aide de Jakairá qui y répandit la brume vivifiante. Les survivants du déluge s'installèrent alors sur cette nouvelle Terre imparfaite où régnaient la maladie, les douleurs et les souffrances. Les hommes de cette nouvelle Terre cherchèrent dès lors à retourner vers la première Terre, la "Terre sans Mal".
Les mythes guaraní transmis par la tradition orale parlent d'une troisième reconstruction qui donnerait jour à une Terre sans imperfection. Malgré tout, bien qu'ils attendent l'arrivée de cette nouvelle Terre, les hommes peuvent avoir accès à une Terre Mythique dès lors qu'ils observent un comportement irréprochable vis-à-vis de la communauté. Ni les punitions, ni la malchance ou les épreuves n’existeront sur cette Terre mythique.
Les 7 monstres de la mythologie Guaraní :







Le 20 Août, nous quittons Nelson au petit matin et prenons un bus direction Encarnacion. Au passage, nous souhaitons un très joyeux anniversaire à 2 grands amis qui se reconnaitrons ;)