préparation d'un tour du monde, suivi du voyage de Perrine et Yann

Aujourd’hui Yann est en forme, et nous atteignons le sommet en 2 heures talonnés de près par Léo puis Virginie. Malheureusement ce n’est pas le cas pour tout le monde et la remontée s’annonce beaucoup plus difficile pour Clothilde qui a été malade toute la nuit. Toute l’équipe parviendra tout de même à atteindre le sommet dans le temps impartie.

Arrivés en haut, une vingtaine de minutes de marche nous sépare du petit village de Cabanaconde où un petit déjeuner de « compétition » nous attend (au menu café, thé, pain, omelette, beurre et confiture). Nous reprenons ensuite le bus à destination d’Aréquipa, et faisons quelques haltes pour s’imprégner un peu plus de la beauté des paysages et villages environnants.


Le trajet du retour emprunte le haut plateau de Patapampa à 4910 mètres d’altitude entouré de huit volcans. Le paysage y est quasi-lunaire. Il y fait un froid de canard, et plus grand-chose n’y pousse… à part des « apachetas ». Ces cairns étaient utilisés dans les temps pré-incas pour signaler les plus hauts sommets et la proximité des apus, mais aussi pour baliser les routes à emprunter au travers des Andes. En effet, il existait une route commerciale reliant les Andes et la mer, pour échanger poisson contre produits andins (quinoa, patates, alpaca…). De nos jours, ces petites piles de pierre ne sont plus une offrande aux dieux montagnes, et ont pris une toute autre signification : chaque voyageur passant sur le plateau dresse sa petite tour et fait un vœu. Ça c’est fait. On n’a pas pu résister, il fallait qu’on sache : qu’est-ce que ça fait de courir à 4910m d’altitude ? Léo, Yann et moi nous nous sommes mis dans les starting block. Top départ : nous courrons entre les cairns en essayant de ne pas les renverser. En fait, pour des jeunes sportifs comme nous, ça ne fait rien… du coup on a essayé le sprint ! Bon, pendant l’effort ça va, le problème c’est quand ça s’arrête : on voit des étoiles en plein jour ! Fini les bêtises, retour dans le bus.

Les habitants de Colca :
Tout au long de ces trois jours à Colca, nous avons eu la chance d’entrer en contact avec ses occupants. Les habitants de la vallée sont les descendants des collawas et des cabanas, des communautés pré-incas qui occupaient la région pendant plus de 2000 ans. Ils parlent des dialectes différents, et tentent de préserver leurs anciennes coutumes et habits traditionnels. On peut ainsi les différencier à leurs chapeaux. A l’image du apu huacahualca qu’ils vénéraient, un dieu volcan pas très haut mais large et trapu, les femmes cabanas portent des chapeaux plats entièrement ornés de broderies. Dans des temps plus reculés, cette ethnie déformait les têtes des nouveaux nés en fixant une planche sous le menton et une autre sur le sommet du crâne pour l’aplatir, afin que la ressemblance avec leur apu soit plus évidente. Les Collawas quant à elles vénéraient une montagne haute et étroite « apu collawata ». Leur chapeau est bien plus simple et modeste que celui des cabanas, c’est un couvre-chef de paille haut dont seul un ruban décoré d’une fleur constitue son originalité. Eux aussi avaient pour tradition de déformer les cranes de leur nouveau-né, mais ce coup-ci pour obtenir un visage plutôt longiligne. Alors saurez-vous reconnaitre les descendants de ces deux ethnies maintenant ?

Les alpacas, lamas, vigogne :
Les lamas et alpacas ont été domestiqués dans les Andes depuis plus de 5000 ans. Tous deux originaires des hauts plateaux du Pérou, de la Bolivie et du Chili, ils vivent à partir de 3000 m d’altitude, et ont la fâcheuse tendance à cracher lors des repas ou pour se faire des avances… Les civilisations précolombiennes sacrifiaient lamas et alpacas en offrande à leurs dieux, à la pachamama. Depuis toujours, les lamas sont utilisés comme moyen de transport, parfaits pour les expéditions en haute montagne. Les alpacas quant à eux, plus petits que les lamas, ne sont jamais utilisés pour la manutention. Produisant une laine de meilleure qualité (plus fine, plus douce, plus chaude et plus robuste) que celle du lama, ils sont élevés pour la fabrication de vêtements. Les deux peuvent également se retrouver dans vos assiettes… Au Pérou, ils ne mangent que l’alpaca considéré moins gras que son cousin: sous forme de steak ou de blanquette, le goût nous rappelle celui du veau. Pour les différencier ? Facile : le lama est plus grand, a un museau allongé et de grandes oreilles… une fois dans l’assiette c’est plus difficile !

La vigogne quant à elle serait une proche cousine de l’alpaca. Symbole national du Pérou, elle ne vit qu’à l’état sauvage. La noblesse inca s’habillait de vêtements faits à partir de fibres de vigogne, considérées bien plus douces et légères que le cachemire. L’espèce ne compterait plus que 200 000 individus dans les hauts plateaux andins et serait donc maintenant protégée. Son exploitation est désormais très règlementée.
Allez, il est temps de revenir à Arequipa… nous remontons dans le bus une dernière fois. Cette fois ci, le conducteur du bus choisit le mode « itinéraire secondaire », « pittoresque » ou « tout azimut » sur son GPS ! Voilà qu’il quitte la route principale et se lance dans du tout terrain. Nous voilà à fond les ballons sur un plateau de terre rempli de nid de poules. Les autres touristes dans le bus semblent ne s’apercevoir de rien, Virginie Léo Yann et moi éclatons de rire, nous avons bien compris de subterfuge : nous sommes en train de contourner un péage pour éviter de payer ! Pas vraiment discret comme déplacement vu l’énorme nuage de poussière que le bus soulève sous son passage… mais ça passe ! Fidel nous explique que c’est pour gagner du temps en shuntant la file d’attente au péage (file constituée d’un seul véhicule, ah, ah !). Le reste du trajet sera sous le même état d’esprit : nous « contournons » les bouchons en empruntant des itinéraires bis puis arrivons finalement à bon port à Arequipa.